Suite à l’article de loi du 29 septembre 2013, concernant les soins sans consentement en psychiatrie, le récit d'un exemple d'hospitalisation

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Suite à l’article de loi du 29 septembre 2013, concernant les soins sans consentement en psychiatrie, il paraissait intéressant de vérifier les démarches et les témoignages des aidants pour hospitaliser un proche en grande difficulté. Pour mieux appréhender la complexité de cette situation, le témoignage de Laurent de L’UNAFAM (Union Nationale des Familles et Amis de personnes malades psychiques) est éclairant.

Exemple :

Laurent nous indique le cas d’une maman de 92 ans qui héberge un fils de 55 ans, enfermé dans sa chambre, ne mangeant plus, très amaigri et passant son temps sur des jeux vidéos. La mère s’adresse à l’UNAFAM, elle ne fait plus face. Le 31 octobre 2013, Laurent, alerté, rencontre la mère et le fils. Il s’organise pour réunir la fratrie. Une réunion a lieu le 12 octobre pour décider des soins sans consentement. Cependant, il faut un avis d’un professionnel de santé (médecin de famille, SOS médecin, ou SAMU). Suite à une visite de Laurent chez le médecin, celui-ci pense qu’il ne peut rien faire puisqu’il s’agit d’un adulte. Laurent l’informe de la nouvelle loi. Plusieurs réunions ont lieu avec la famille, le malade, le médecin, et l’équipe d’intervention d’urgences. La psychologue prépare avec finesse le malade pour une hospitalisation. Mais le 16 octobre, le psychiatre en visite au domicile, évoque la nécessité d’un retour en famille pour éviter la rupture avec cette vieille maman dépassée par la situation. Il décide d’une hospitalisation à l’Hôpital Mignot au Chesnay. Les pompiers l’emmènent aux urgences.

Quelle suite ?

Après une journée, il est transféré dans un autre hôpital. Une des sœurs envisage d’aller le voir. La suite n’est pas encore connue. Ce garçon va-t-il bénéficier de soins en hôpital psychiatrique, ou va-t-il rentrer au domicile de sa mère de 92 ans pour suivre un programme de soins à domicile?

Conclusion et conseils :

Cet situation illustre parfaitement la difficulté des aidants pour entreprendre les soins psychiatriques d’un proche. Il a fallu plus de 16 jours pour démarrer les soins psychiatriques de cet adulte qui présentait des risques graves de santé.
L’UNAFAM conseille de ne pas rester seul, et de contacter les associations qui connaissent le secteur psychiatrique local. Par ailleurs, le témoignage de Laurent atteste de la nécessité de prendre de la distance par rapport à l’autorité médicale afin de ne pas se baser sur un seul avis. Sans l’aide d’une association, cet adulte serait encore au domicile de sa vieille mère. Espérons que les professionnels de santé trouveront, après les soins psychiatriques, une solution en appartement thérapeutique ou en foyer de vie.

Pour compléter cet article: votre proche vous inquiète

Danièle Mouthuy

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