En France, les 164 milliards de notre contribution informelle font encore débat. Mais pourquoi ? Pourquoi ne pas se mettre d'accord une bonne fois pour toutes sur le nombre d'aidants en France ?

Foule

En France, les 164 milliards de notre contribution informelle font encore débat. Mais pourquoi ? Pourquoi ne pas se mettre d’accord une bonne fois pour toutes sur le nombre d’aidants en France ? Pourquoi ne pas se mettre d’accord sur leur dénomination ? Aidants naturels, aidants informels, aidants familiaux, aidants bénévoles…

8.3 millions d’aidants pour les uns, 4 millions d’aidants de personnes âgées de plus de 60 ans dont un million d’aidants “lourds” pour les autres. A chaque fois on nous divise, on nous minimise. 1 million d’aidants lourds fâcheraient-ils moins que 9 millions d’aidants ? Nos dirigeants, en établissant cette barrière de l’âge, croient-ils établir une barrière entre aidants ? Encore une fois, les aidants sont considérés non pas en fonction du soutien qu’ils apportent mais en fonction de la pathologie de leur proche. France Alzheimer, La Ligue contre le Cancer, France Parkinson… chaque grande association parle à SES aidants, édite des plaquettes à leur attention et cible les recommandations. Le risque de dérive étant que plus la maladie de votre proche est rare et moins vous trouverez de soutien ou de conseils adaptés.

Nous sommes tous aidants et nous sommes prés de 9 millions en France !

Nous sommes près de 9 millions en France d’hommes et de femmes qui, par défaut ou par choix, venons en aide à une personne dépendante de notre entourage pour les actes de la vie quotidienne. Peu importe que cette aide consiste à faire les courses 1 fois par semaine pour certains ou à assurer tous les actes de la vie quotidienne pour d’autres. Oui peu importe l’aidant qui assiste et soutient son épouse atteinte d’un cancer du sein prise dans les tourmentes de sa chimio, peu importe cette femme qui fait un détour en rentrant du travail pour monter les packs d’eau à son papa dont l’âge ne lui permet plus de faire ses courses tout seul ou peu importe l’épouse de cet ancien ingénieur au cerveau rongé par la maladie d’Alzheimer et qui ne reconnait plus personne.


Une valorisation financière incroyable !
Nous assurons une vingtaine d’heures de présence hebdomadaire en moyenne auprès de notre proche pour qui nous remplissons les tâches administratives ou ménagères ou de nursing. Pour certains ce seront 3 heures et pour d’autres 50 heures et plus par semaine. Multipliez ces 8.3 millions d’aidants par ces 20 heures hebdomadaires moyennes et valorisez ces heures à 19 € (une heure d’auxiliaire de vie) et vous obtiendrez le montant faramineux de 164 MILLIARDS D’EUROS !!!

Alors, merci à qui ?


Mesdames et messieurs les ministres il va bien falloir vous y faire. Nous aidants sommes 8.3 millions en France et si chaque heure que nous passons à nous occuper de notre proche malade et/ou dépendant était payée, cela coûterait à la collectivité 164 milliards d’euros.

 Mesdames et messieurs nos ministres, députés, sénateurs de tous bords, de toutes étiquettes reconnaitre notre contribution n’est pas seulement chiffrer nos actions mais c’est surtout nous reconnaitre tous ensemble, comme un groupe, unis, quelque soit l’âge ou la pathologie de notre proche, quelque soit le temps que l’on passe à ses côtés, quelque soit le temps que durera notre engagement auprès de lui et quelque soit le lien qui nous unit, nous sommes huit millions trois cent mille aidants en France et notre contribution informelle s’élève à cent soixante quatre milliards d’euros à comparer aux 240 milliards d’euros de dépenses de santé annuelles. 

Voilà, parce qu’il fallait que cela soit dit !

Article écrit par Kat, (membre d’un collectif d’aidants)

3 Commentaires

  1. MERCI de publier cette "lettre ouverte" de Kat :)
    Un jour, les ministères, la CNSA seront bien obligés (ou seraient bien inspirés) de mettre en avant ce que font jour après jour les aidants. On a tous compris qu'il n'y aurait pas d'argent, mais Kat a raison, ca n'empêche pas de dire MERCI !!!

  2. A cet égard, il est intéressant de regarder combien les aidants recevront en contrepartie en quelque sorte: 83 millions d'euros annuels, 78 millions pour le "répit" et la prise en charge en cas d'hospitalisation, et 5 millions pour leur information, formation et déploiement de lieux d'échanges.
    Pour les forts en mathématiques, c'est 1 pour 1000 de la contribution informelle des aidants quand on ne la considère que dans le cadre strict de la loi, les seuls aidants d'une personne dépendante de 60 ans et plus...
    1 pour 1000, ce n'est 0, et cette loi est nécessaire. Mais 1 pour 1000, c'est montrer peu de considération. Même le budget "prévention" de la SS est de 1% du budget total. Avoir une politique réelle de prévention de l'épuisement de l'aidant mériterait plus que les 83 millions programmés.

  3. Justement en parlant de la santé, rien n'est pris en compte à la SS pour aider les aidants

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