Politiques d'aides aux aidants en Europe

Dans toute l’Europe les aidants familiaux jouent un rôle capital dans la prise en charge des personnes âgées dépendantes, notamment au niveau économique. C’est pourquoi une politique d’aide aux aidants est essentielle. Elle n’est toutefois pas uniforme d’un pays à l’autre.

L’aide aux aidants connait de fortes disparités entre les pays européens bien que leur rôle soit unanimement reconnu. C’est ce que révèle l’étude du programme de recherche européen Interlinks, réalisée par l’Irdes dans le cadre de la prévention de la dépendance.

L’état est, en effet, beaucoup plus engagé auprès des aidants dans les pays du Nord que dans les pays du Sud, où l’aide aux personnes dépendantes est considérée comme étant de nature privée. Bien que la contribution des aidants informels reste supérieure à celle des professionnels un peu partout, dans les pays scandinaves, par exemple, les gouvernements ont mis en place des services professionnels destinés à soulager les aidants. Ce type de soutien permet ainsi de « dépasser le cadre médico-social et contribue à faire de l’aide informelle à la fois un outil de bien-être de la personne aidée et également un outil collectif contribuant à renforcer les liens sociaux ».

Suède, Allemagne, Pays-Bas

La Suède est le pays européen qui s’est engagé le plus tôt dans l’aide aux aidants. Dès les années 60/70, un financement a été alloué aux personnes âgées dépendantes par le biais de l’impôt, leur permettant ainsi d’accéder plus facilement à l’aide professionnelle. Une aide peu concurrencée et dont le nombre de prestataires est réduit pour pouvoir rester accessible. En Allemagne, une assurance dépendance permet d’aider les aidants depuis que les femmes sont davantage investies dans la vie professionnelle. Aux Pays-Bas, l’aide permet aux personnes âgées dépendantes de rémunérer l’aidant de leur choix et leur facilite l’accès aux services professionnels.

Aidant et travail, une conciliation difficile

Toutes ces mesures ont tardé à se développer dans les pays du Sud. En Italie, l’aide aux personnes âgées dépendantes était peu organisé avant les années 2000, et, en dépit d’une petite allocation accordée aux malades, l’aide a longtemps reposé sur les familles, particulièrement sur les femmes, en raison du fort taux de cohabitation intergénérationnelle, du faible niveau d’emploi féminin et de la quasi absence de services professionnels publics. La France a également attendu pour mettre en place une aide aux aidants et cette dernière demeure limitée au secteur médico-social, sans porter davantage attention aux enjeux des aidants qui occupent un emploi.

Il est pourtant reconnu par tous les pays qu’être aidant rend l’accès au marché du travail plus difficile et que les aidants en emploi souhaitent majoritairement pouvoir y demeurer sans diminuer leur temps de travail, de sorte à éviter d’être entièrement absorbés par leurs missions auprès de leur proche dépendant. Néanmoins, concilier leur vie d’aidant et leur vie professionnelle est compliqué, que ce soit dans l’aménagement du temps de travail ou de la gestion de leur carrière. C’est pourquoi, on observe que les aidants en emploi travaillent en moyenne deux heures de moins que les non-aidants.

On note donc, qu’un peu partout en Europe, la conciliation entre travail et aide demeure un des enjeux prioritaires de la politique d’aide aux aidants. Les dispositions dans ce domaine sont donc très attendues.

Article écrit par Sandrine Youknovski

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs requis sont signalés par des *