Le-gouvernement-dévoile-son-plan-d’aide-aux-aidants

Le gouvernement a présenté le 23 octobre 2019, sa« Stratégie de mobilisation et de soutien »destinée à faciliter la vie des proches aidants : 17 mesures qui devraient se mettre en place rapidement, issues de multiples rencontres entre politiques, aidants, associations et entreprises.

Avec 8 à 11 millions de français qui soutiennent au quotidien un proche en perte d’autonomie ou en situation de handicap, « agir pour les aidants » s’imposait. Les réflexions engagées lors des échanges entre le monde des aidants et la sphère politique ont donc permis au gouvernement de mettre l’accent sur l’accompagnement, les aides au répit et la reconnaissance des aidants dans une série de mesures présentée le mois dernier au public.  Des rencontres auxquelles Aidant attitude a largement pris part cette année à l’occasion de deux conférences sur la reconnaissance des aidants et sur les salariés aidants à l’Assemblée nationale, au Sénat et lors du colloque Île de France, en présence de la sénatrice Jocelyne GUIDEZ, initiatrice de la proposition de loi sur la reconnaissance des proches aidants. Une enveloppe de 400 millions d’euros a été dégagé pour faire vivre ce plan aidant, dont le point d’orgue sera l’indemnisation du congé de proche aidant.

Enfin un congé indemnisé

Concilier travail et soutien à un proche dépendant représente l’un des principaux enjeux des aidants familiaux. En effet, 61% des aidants occupent un emploi et peuvent avoir besoin d’interrompre leur activité professionnelle à un moment donné de leur parcours pour prendre soin de leur proche. Le congé de proche aidant tel qu’il existe depuis 2017,était non indemnisé et faisait peu recette. Il a donc été modifié à la demande unanime des associations d’aidants et ainsi permettre aux salariés qui en font la demande de percevoir 43 à 52 euros par jour selon leur situation et pendant une durée unique de trois mois pour s’occuper de leur parent. Ce dispositif, prévu pour octobre 2020,sera également complété par des mesures visant à faciliter et à valoriser les parcours professionnels des aidants obligés de s’arrêter de travailler pendant une longue durée.

Faciliter la vie des aidants

Pour faciliter la vie de ceux qui accompagnent leurs proches, le gouvernement a également pris en compte les besoins de répit formulés par les aidants et leurs représentants. Le renforcement et la diversification des solutions existantes sont prévus, comme par exemple, une généralisation du système de baluchonnage qui encourage le relai à domicile.Le problème de la santé des aidants a également été soulevé avec une identification de la situation d’aidance dans le dossier médical partagé avec le proche dépendant ainsi que des mesures en direction des jeunes aidants, comme la possibilité de bénéficier de rythmes d’étude aménagés. Enfin, une ligne téléphonique nationale de soutien sera ouverte à partir de 2020 pour orienter les aidants en recherche d’information. Un dispositif complété par une mise en réseau des lieux d’accueil labellisés et la création d’une plateforme pour accéder aux informations et aux services de proximité.

Des demandes sans réponse

Pour les associations d’aidants, ces mesures constituent une belle avancéedans la prise en compte des besoins réels bien que certains points restent perfectibles. Les trois mois indemnisés du congé de proche aidant pourront,par exemple,se révéler insuffisants notamment dans le cas de l’accompagnement d’une personne handicapée ou lorsque l’aidant doit s’occuper de plusieurs proches au cours de sa vie. De plus, des interrogations se posent sur le temps de réaction de la Caf chargée d’assurer le relai financier lorsque le congé sera pris en urgence. Certains souhaits formulés par les aidants lors des rencontres devront également être repensés : c’est le cas de la création d’une caisse de retraite et de contrats d’assurance solidaires spécifiques ou de l’identification de la situation d’aidance auprès des services publics et particulièrement sur la Carte vitale.La non prise en compte des revenus du conjoint dans le calcul de l’AAH (Allocation adulte handicapé) reste également problématique pour les couples dont l’un des conjoints est handicapé, depuis la modification de ses droits d’accès.

Des mesures dès 2019

Le calendrier des mesures mises en place par le gouvernement prend effet dès novembre 2019avec la non comptabilité des périodes de congé proche aidant dans le calcul des droits au chômage afin d’éviter une baisse des allocations. D’ici la fin de l’année, les étudiants aidants pourront également aménager leurs rythmes d’étude et la date de passages de leurs examens.

A partir de 2020, un numéro téléphonique national de soutien des proches aidants devrait offrir écoute et orientation aux appelants. La mention d’aidant devra aussi figurer dans le dossier médical partagé avec la personne aidée.De plus, le congé et l’allocation journalière de présence parentale pourront être pris de façon fractionnée dès le mois de janvier.

En octobre 2020, le congé de proche aidant deviendra indemnisé pour les salariés, les travailleurs indépendants, les fonctionnaires et les chômeurs dont les droits sont ouverts. Il pourra être pris, dés l’arrivée dans l’entreprise si la santé du proche en perte d’autonomie le justifie,de façon consécutive ou fractionnée et rémunéré pendant une durée qui pourra aller jusqu’à trois mois pour l’ensemble de la carrière de l’aidant. Au-delà de cette période, il restera possible aux aidants de prolonger leur absence jusqu’à un an dans le cadre du congé proche aidant, mais ce temps restera sans solde comme c’est le cas aujourd’hui. L’allocation versée par les caisses d’allocations familiales et les caisses de la mutualité sociale agricole est fixée à 43 euros par jour pour les personnes vivant en couple et 52 euros par jour pour une personne seule après, avoir rempli une télé-procédure simple.

La mise en place d’un réseau de lieux d’accueil labellisés « Je réponds aux aidants » destinés à orienter les aidants sur leurs aides et les accompagnements disponibles est également prévu pour 2020. Cette mesure sera complétée d’ici 2022 par la création d’une plateforme numérique qui permettra d’évaluer les offres d’accompagnement disponibles près de chez soi et par des mesures d’accompagnement personnalisées et collectives.

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