burn out aidants

Particulièrement exposés au burn out, les actifs aidants devraient disposer prochainement d’une plateforme web destinée à les informer sur certains risques encourus et à leur apporter des solutions où la résilience a toute sa place. Dr Christian Schoen, médecin généraliste, chargé de l’éducation en santé et coordinateur de projets pour Terra Firma, nous détaille cette initiative.

Aidant attitude : Dr Schoen, pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste votre projet ?
Dr Christian Schoen : Nous souhaitons créer un support digital destiné à aider les aidants et particulièrement ceux qui travaillent encore en entreprise. Nous souhaitons les aider à évaluer leurs risques face au burn out comme leurs capacités de résilience et à leur apporter une bonne pratique : celle de la résilience. En effet, alors que la France ne reconnaît toujours pas le burn out comme une maladie professionnelle, les actifs aidants ont un risque accru de 50% d’en être atteint. Notre idée est de leur donner les moyens de s’en protéger, voire de s’en sortir de façon autonome.

Aidant attitude : Comment s’est construite votre réflexion sur cette problématique ?
Dr Christian Schoen : Nous avons commencé par travailler sur un projet de recherche européen intitulé Ambiant Assisting Living (AAL) ou Assistance à l’autonomie à domicile et dont l’objectif est d’améliorer la vie et la santé des personnes âgées et de leurs proches par les TIC (Technologies de l’Information et de la Communication), comme on disait il y a quelques années. Ce travail, qui a été mené en collaboration avec des entreprises telles que Siel Bleu, Microsoft ou l’AP-HP nous a permis de nous spécialiser dans la compréhension des problèmes des proches aidants en particulier lorsqu’ils sont encore actifs et d’étudier tous les événements de leur vie quotidienne qui leur posent problème, même ceux qui paraissent insignifiants. En effet, un certain nombre de signaux faibles dans les domaines du sommeil, de l’alimentation, de l’hygiène, de l’argent ou des relations sociales sont de bons indicateurs pour desceller les risques de mal aidance et de mal vieillir.

Aidant attitude : Le burn out est donc identifiable précocement ?
Dr Christian Schoen : Oui, il en existe d’ailleurs plusieurs définitions selon les pays qui le classent ou pas en maladie professionnelle. Nous avons notamment travaillé avec un pool de psychologues experts en burn out et avons qualifié plus de 3 000 éléments de la vie quotidienne apparemment insignifiants mais insidieux, et qui de façon isolée ou associée indiquent qu’un risque est présent et réclame une solution spécifique. Nous souhaitons donc développer un service autour de deux axes : amener sur notre support digital des actifs aidants et particulièrement ceux qui ne reconnaissent pas leur situation ou qui n’osent pas en parler au sein de leur entreprise, en ayant conscience, bien entendu, qu’il s’agit d’une cible difficile et leur apporter une réponse résiliente qui soit facile à comprendre et à utiliser, et impactante. Car il s’agit toujours de transformer le négatif en expérience positive…

Aidant attitude : Où en est aujourd’hui ce projet ?
Dr Christian Schoen : Nous sommes prêts pour déployer un pilote, étape indispensable avant de lancer le parcours participatif proposé par notre plateforme web. Ce pilote, réalisé via trois réunions entre experts et utilisateurs (living’ lab), va vérifier que l’actif aidant vienne bien consulter notre support et souscrire à une démarche d’accompagnement. Nous mettrons aussi à disposition un questionnaire qui permettra de valider notre service et de tester les différents éléments de son contenu.

Propos recueillis par S. Youknovski

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