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Responsable du suivi des politiques publiques pour France Alzheimer et maladies apparentées, Lorène Gilly revient sur l’expérimentation en cours du baluchonnage. Un dispositif proche du relayage qui permet aux aidants de souffler quelques jours sans trop de stress.

 

Aidant attitude : France Alzheimer mène des actions pour développer le baluchonnage en France, mais de quoi s’agit-il exactement?

Lorène Gilly : Le baluchonnage est un terme précis qui désigne une forme de suppléance de l’aidant familial à domicile. Créée au Québec, cette pratique permet à l’aidant d’être relayé auprès de son proche par un baluchonneur unique pendant quelques jours, le temps de prendre du répit hors du domicile familial. La personne qui assure le remplacement est formée à la pathologie de la personne malade. Son intervention au domicile est progressive afin que la transition se passe bien et en toute confiance autant avec le proche aidé qu’avec l’aidant, lors de l’absence de ce dernier.

 

Aidant attitude : Où en est-on avec ce dispositif en France ?

Lorène Gilly : La France poursuit depuis 2019 une expérimentation de suppléance de l’aidant à domicile qui devait durer deux ans mais qui, en raison notamment de la crise sanitaire, a été reconduite jusqu’en décembre 2023. Cette expérience s’inscrit dans le cadre de l’article 53 de la loi Essoc pour un État au service d’une société de confiance. Elle permet à des salariés volontaires de remplacer seul un aidant à son domicile pendant une durée de six jours maximum. L’intervention peut donc largement dépasser les taux horaires d’un emploi traditionnel, c’est pourquoi cet article 53 lève les barrières du droit au travail. Les porteurs de projet qui expérimentent le dispositif actuellement peuvent être accompagnés, s’ils le souhaitent, par Baluchon France et ainsi pratiquer le « baluchonnage ». Ce projet avait d’ailleurs été défendu depuis 2016 par Joëlle Huiller, ancienne députée PS de l’Isère qui s’insurgeait sur les lenteurs de sa mise en place.

 

Aidant attitude : Savez-vous comment se déroule l’expérimentation en cours ?

Lorène Gilly : L’évaluation est en cours. Elle est réalisée par le gouvernement aidé par un cabinet privé, mais l’analyse des résultats ne sera pas disponible avant l’année prochaine. Toutefois, la prolongation de cette expérience constitue déjà une victoire. France Alzheimer et maladies apparentées soutient d’ailleurs le travail mené par Baluchon France, les deux structures sont partenaires et œuvrent conjointement pour la pérennisation du « baluchonnage ». En effet, le baluchonnage est une solution pour soutenir les aidants et les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ou d’une maladie apparentée, et pour améliorer leur quotidien et celui de leur proche dépendant.

Propos recueillis par Sandrine Youknovski

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