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Conseillère nationale de l’éducation des familles à AFP France Handicap et membre du conseil d’administration, Bénédicte Kail milite en faveur des aidants et souhaite les voir davantage et mieux soutenus.

 

Aidant attitude : Quelles sont vos missions au sein de AFP France handicap ?

Bénédicte Kail : J’anime un groupe d’aidants familiaux au sein de AFP France handicap. Cela me permet d’être au plus prêt des difficultés spécifiques des aidants, de réfléchir avec eux à leur situation et de formuler des revendications politiques qui sont ensuite exposées au gouvernement. Je suis également animatrice d’un réseau d’aidants, qui me permet de relayer auprès d’eux les offres de services médico-sociaux mises en place par AFP France handicap et d’assurer une mission d’accueil et de conseils.

 

Aidant attitude :Quelles sont les problématiques que vous avez vu émerger ?

Bénédicte Kail : J’ai assisté à l’apparition du terme « aidant », qui n’existait pas il y a quelques années. Il recouvre une fonction sociale qui est désormais reconnue, avec tout ce qui l’accompagne en termes de reconnaissance de droits sociaux et d’aide. Mais, en réalité, peu de choses évoluent dans ce dernier domaine. En effet, les aidants bénéficient de davantage de reconnaissance et de droits mais ces derniers sont peu attractifs. C’est précisément le cas pour le congé du proche aidant qui est simplement indemnisé au lieu d’être rémunéré et qui n’offre pas des conditions financières tenables pour une personne qui doit s’arrêter de travailler pour soutenir un proche.  Par ailleurs, la stigmatisation qui demeure lorsqu’on se déclare salarié-aidant dans les entreprises constitue un frein encore non levé.

Il est également important de ne pas établir de généralités et de prendre en compte les spécificités de chaque groupe d’aidants. En effet, les besoins sont différents selon que l’on soit au début de sa vie professionnelle et parent d’un enfant handicapé, obligé d’assurer une présence à l’hôpital en continue auprès d’un parent malade ou le conjoint d’une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer. Face à ces problèmes, les réponses attendues sont elles aussi différentes. Besoin d’informations, de répit, de soutien, de services de proximité… Les mesures à mettre en œuvre sont multiples et vont solliciter des degrés de professionnalisme très divers.

 

Aidant attitude : Quelles sont les actions en faveur des aidants qui ont été lancées par AFP handicap ?

Bénédicte Kail : AFP handicap est membre du CIAAF (Collectif Inter- Associatif des Aidants Familiaux français) au sein duquel une réflexion sur les aidants a été engagée donnant lieu à des revendications communes. Ce collectif composé d’associations de personnes concernées par une situation de handicap, de malades, de personnes dépendantes et d’aidants souhaite voir se construire une véritable politique publique en faveur des aidants avec des moyens engagés à la hauteur des besoins. L’État compte encore trop sur les familles qui supportent seules les efforts lorsqu’un proche se retrouve dans une situation de handicap ou de dépendance. Cela doit changer ! 

Avec le soutien du CIAAF, AFP handicap a mis en place un certain nombre d’actions qui diffèrent selon les régions en fonction des moyens et de l’engagement déployés. Il peut s’agir, par exemple, de la mise en place de groupes de soutien, de solutions de répits, de l’ouverture d’une Maison d’accueil temporaire, d’ateliers de parole et de bien-être ou encore d’offres de services de proximité.

Le CIAAF mène par ailleurs des actions de sensibilisation et à créé  RePairs Aidants qui propose dix modules de formation co-animés par des professionnels destinés aux aidants. Les axes de formation tournent autour du maintien en bonne santé, des aides et des droits ou encore de l’accompagnement aux différentes étapes de la vie. L’aide humaine est une notion essentielle dispensée pendant la formation des aidants.

Propos recueillis par Sandrine Youknovski

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