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Informer, évaluer les besoins et accompagner les aidants sont les missions du dispositif déployées en mai 2022 à destination des salariés des organismes du Régime général de Sécurité sociale. Des droits ouverts sur une durée initiale de trois ans expliqués par Mikael Gerard, directeur des relations sociales de l’UCANSS (Union des Caisses nationales de Sécurité Sociale) porteur du projet.

 

Aidant attitude : Dans quel contexte l’UCANSS a t-elle été chargée d’organiser un programme d’action pour les aidants ?

Mikael Gerard : L’UCANSS et les organisations syndicales nationales ont répondu à une demande forte exprimée par l’ensemble des salariés et des responsables des organismes de sécurité sociale. En effet, 80 % de nos salariés sont des femmes pour une moyenne d’âge  d’environ 45 ans, soit le portrait type de l’aidant actif. Cela peut représenter, pour les collaborateurs impactés, une difficulté de conciliation entre vie privée et vie professionnelle. L’attente d’action à leur attention était donc très présente dans l’ensemble des organismes sociaux que sont la CAF,  les URSSAF, la CPAM ou les CARSAT, qui rassemblent 140 000 salariés. Le dispositif mis en place et qui accorde de nouveaux droits aux aidants concerne donc l’ensemble des structures réparties sur le territoire. Après avoir signé un accord avec l’ensemble des organisations syndicales en juillet 2021, un groupement d’opérateurs (AESIO, AG2R, Malakoff Humanis et IMA) a été retenu à l’issue d’un appel d’offre pour gérer le projet. Lancé en mai dernier pour une durée de trois ans, il sera financé à hauteur de 3 % des cotisations encaissées, ce qui représente un budget d’environ trois millions d’euros.

Aidant attitude : En quoi consiste donc ce dispositif ?

Mikael Gerard : Le dispositif vise à répondre à l’ensemble des situations via une construction établie en forme d’entonnoir. Ce premier accord doit nous permettre de mieux connaître nos salariés aidants et leurs besoins par le niveau d’usage des pratiques mises en place.

Il comporte un premier volet d’information et de sensibilisation destiné à l’ensemble des personnels et des managers.  Cela passe par la mise à disposition d’un guide et d’une plaquette d’information sur le dispositif et l’aidance de manière générale. Une vidéo de présentation vient en appui de cette communication, de même que des portails digitaux dédiés aux RH et aux salariés. Le deuxième volet permet une caractérisation de la situation d’aidant par la faculté de réaliser en ligne un autodiagnostic composé de dix questions afin d’évaluer son niveau d’aidance.

Enfin le troisième volet s’adresse aux salariés en situation effective d’aidance avec la mise en place d’une plateforme téléphonique ouverte 7 jours sur 7 qui peut les orienter et les informer sur les prestations et les droits disponibles. Selon leur situation, les aidants peuvent bénéficier d’un panier de prestation de services correspondant à 400 ou 750 euros tels que des portages de repas, la livraison de médicaments, des solutions de répit, l’intervention régulière d’une auxiliaire de vie….

Pour les aidants les plus mobilisés, des aménagements d’horaire ou d’absence sont possibles, de même qu’un complément de salaire aux trois congés légaux d’aidants.

Nous avons veillé à ce que le dispositif accompagne chacun en fonction de ses besoins et s’adresse à toutes les conditions d’aidant qu’il s’agisse du conjoint ou de l’enfant d’un proche dépendant ou encore du parent d’un enfant en situation de handicap.

Aidant attitude: Quels sont les premiers retours suite à ces opérations ?

Mikael Gerard : Le dispositif se met en place progressivement. Il est pleinement opérationnel depuis mai 2022 et le premier niveau d’usage se concrétise par une mobilisation de l’espace digital et l’octroi de premiers paniers de service. Une nouvelle campagne de communication interne sera menée autour de la journée nationale des aidants du 6 octobre. A la suite, sur la durée de l’accord, d’autres actions d’information et de sensibilisation seront conduites.

Il s’agit d’abord de bien outiller les managers afin qu’ils puissent ensuite informer pleinement les aidants. S’identifier en tant qu’aidant reste encore difficile pour les salariés.

Certains peuvent avoir une appréhension à se reconnaître dans cette situation et à la partager. Ce premier accord doit nous permettre d’emmener ce sujet au sein des organismes pour le banaliser et le prendre en charge dans une visée de lutte contre la désinsertion professionnelle et de maintien dans l’emploi. Ce premier accord constituera ainsi une base solide de connaissance des aidants et de leurs besoins. Un bilan à trois ans sera réalisé ensuite. Il qui devra permettre aux partenaires sociaux de réorienter éventuellement le dispositif dans le cadre d’un futur accord.

 

Propos recueillis par Sandrine Youknovski

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